billets de train et marché noir

Publié le par Florent

Pour ceux qui ne connaissent pas la Chine, voyager pendant les vacances nationales n’est pas chose facile. En effet ici pas de zones : tout le monde se retrouve en vacances la même semaine (en l’occurrence celle du premier octobre, fête nationale). Et donc dans les trains. Donc les billets sont rares… Et le système chinois ne permet pas de réserver longtemps à l’avance : 4 à 7 jours selon les trains. Comment faire ?

 

 

  •  soit s’armer de patience, faire la queue toute la nuit, voire des jours à l’avance (on entendu parler d’étudiants de Shanghai ayant campé 3 jours devant la gare pour être sûrs de rentrer chez eux !).
  • soit avoir les guanxi (关系, relations) adéquates : amis hauts placés, connaissances dans les gares ou les agences de voyage… tout est bon à prendre.
  • soit avoir un peu de chance et de l’argent et payer un supplément pour obtenir ses billets au marché noir.

    C’est la troisième solution que nous avons testée. En effet à midi une amie de Beiwai nous a indiqué une agence de voyages dans laquelle on nous a affirmé que les billets de train pour Shanghai seraient en vente à partir de 19 heures.
 Nous revenons donc après les cours, et la file d’attente est déjà énorme pour une si petite agence.DSC04493 En peu de temps elle s’allonge encore et doit avoisiner les 100 personnes qui attendent sagement leur tour, en file, le long de la rue. Après une heure de demie d’attente le guichetier nous explique qu’il n’y a pas (ou plus) de billets pour Shanghai. Nous protestons, rappelant ce qu’on nous avait dit quelques heures avant, mais bon… Meidi nous rejoint et nous concluons que si nous voulons partir DSC04488avant le 1er octobre il ne reste plus qu’à aller à la gare où il reste parfois de billets, et où il arrive que des gens viennent rendre les leurs (on peut toujours rêver non ?). Là encore il faut attendre et nous comprenons que les seules places restantes sont les places debout. Nous sommes prêts à tout tenter, mais Meidi nous explique qu’il faut rester toute la durée du voyage entassés dans un wagon (pendant 14 ou 30 heures !) sans la possibilité de bouger. Nous repartons donc en quête d’une autre solution. Solution que nous ne tardons pas à trouver en la personne d’un homme qui nous aborde sur la place de la gare.
     Les discussions, coups de fil et intermédiaires se multiplient et nous nous retrouvons à discuter des DSC04495prix dans une ruelle sombre à deux pas de la gare. Les places assises sont à 80 yuans de plus que le prix normal et les couchettes à 200 de plus (que ce soient des places dures ou souples). Nous nous décidons pour les places assises maolles molles (quel lapsus !) dont notre vendeuse dit avoir trois billets, des sièges côte à côte dans le train qui part samedi soir. Le prix est de 280 yuans sans les « frais » mais après un coup de téléphone il passe à 310 et redescend après notre étonnement à 280… Etrange. Pendant toutes les tractations il nous faut supporter la curiosité des habitants du lieu qui nous prennent, Guillaume et moi, pour des Coréens (!) et Meidi pour une japonaise ou une russe. Quand finalement nous tombons d’accord sur un prix (350 yuans par billet) la femme avec qui nous traitions nous fait passer entre plusieurs « maisons », dans un dédale de couloirs à ciel ouvert rempli d’objets hétéroclites et d’obstacles. Nous arrivons enfin chez elle et pouvons constater que les billets ont bien l’air de vrais, ils correspondent parfaitement à ce que nous avions convenu. MaisDSC04496 Guillaume décide de mettre la bonne foi (c’est le cas de le dire) de la vendeuse à l’épreuve. Il lui demande comment nous pouvons être certains que ces billets sont des vrais. La vendeuse, un peu surprise garde son calme et lève un doigt en direction du ciel en murmurant « Yesu ». Elle nous explique très sérieusement qu’elle est chrétienne et que c’est donc le ciel qui nous garantit la validité de nos billets. La vieille nous donne même son numéro de téléphone au cas où nous aurions d’autres voyages à faire. Dans ces conditions, et après de telles garanties nous ne pouvons qu’accepter le marché.
 Nous ressortons assez contents car pour une somme raisonnable nous avons pu acheter des billets à seulement trois jours de la date du départ. Mais nous y avons quand même passé notre soirée, de 6 heures à minuit pour trouver ces maudits billets !
 Il ne reste plus qu’à vérifier samedi qu’ils sont vrais (et à Meidi de trouver des hôtels pour la semaine !) et nos vacances sont sur les bons rails !

Publié dans Voyages

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