1200 kilomètres et des poussières dans un bus

Publié le par Florent

Comme je vous l’ai (peut-être, ma mémoire est quelque peu défaillante ces derniers jours) dit, DSC03247faute de place dans les trains (assis ou couché, s’entend, car des places debout à 70 yuans, ça il y en a toujours, tant qu’on peut entasser des gens dans les rames…), donc faute de place nous nous sommes résignés à repartir en car. 307 yuans, pas vraiment plus cher que le train a priori, et 15 heures de voyage annoncées : pas vraiment plus long non plus.
DSC03312Et à l’embarquement : une surprise, et une bonne en plus : nous sommes dans un car-couchettes ! Un grand car, large, avec trois rangées de couchettes. Environ 5 dans le sens de la longueur, 2 en hauteur et 3 dans la largeur. Guillaume et moi nous retrouvons l’un à côté de l’autre dans le fond du car (plutôt bonne surprise : nous avons bien plus de place que les autres) mais devant les toilettes (mauvaise surprise : on est dans le passage, ça défile et je parle pas des odeurs.

Nous partons à 15 heures et à 18 il fait déjà nuit (mauvaise surprise, nous comptions lire un peu). Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous écoutons de la musique et commençons à regarder Le cauchemar de Darwin. Pour ceux qui ne connaissent pas nous dirons que c’est un reportage sur l’exploitation des pêcheurs  de perche du Nil sur le lac Victoria. Bref très intéressant mais pas spécialement réjouissant. Assez glauque même. Et là, le car s’arrête, pause obligatoire. Nous descendons, apparemment en pleine campagne (à vrai dire il faisait tellement nuit que je n’en mettrai pas ma main à couper) et DSC03309entrons dans l'une des cafétérias les plus sinistres que j’aie jamais vue. L’atmosphère alternait entre fumées et odeurs de moisissure et de pourriture. Des vendeurs rien moins que patibulaires tentaient d’arnaquer le plus normalement les voyageurs affamés. Des serveuses servaient une nourriture plus que douteuse et nauséabonde… mais sûrement bon marché. Personnellement j’ai trouvé agréable d’avoir de l’eau bouillante pour mes nouilles déshydratées, et Guillaume un endroit pour manger ses gâteaux sans mettre de miettes dans nos draps. Donc ambiance fétide, qui n’a pas manqué de nous replonger dans notre film et nous a laissé l’impression d’un film de crasse sur notre peau. Ok, j’en fais peut-être un peu trop, mais avec, tout le long du voyage, l’odeur des toilettes qui ne faisait qu’empirer, la chaleur infernale du moteur qui nous réchauffait la nuque DSC03305(nous dormions juste au dessus, à peine séparés par une mince cloison de métal et, pour moi le froid glacial provenant de l’interstice entre les vitres sans rideaux le long de mes jambes et de mes pieds (je note au passage que les chinois ont déjà en temps normal peu de lits adaptés aux personnes d’un mètre quatre-vingt, alors dans le car rendez vous !).
Nous dormons tant bien que mal, retenant notre nausée (en fait on finit toujours par s’y habituer, mais pas assez vite…) et attendant patiemment la fin de notre calvaire (contents malgré tout d’avoir la chance de vivre cette aventure, unique, pour nous au moins, et de vivre pour une fois, pour une nuit dans les conditions que connaissent beaucoup de chinois toute leur vie durant). Mais cette fin tarde à venir : à 6 heures nous sommes toujours sur les routes, loin de toute ville. DSC03350Il nous faudra attendre près de 3 heures de plus qu’escompté pour retrouver nos chaussures (il est interdit de les porter dans le car, on est pas chez les sauvages non mais eh !) et une (plus grande) liberté de mouvement. Nous voilà avec nos sacs et valises, nous engouffrant dans un taxi, et 30 minutes plus tard, dans le luxe de notre appartement (et retrouvant notre colocataire qui avait passé, avec succès semble t-il, ses examens).

Publié dans Voyages

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